à mon grand père

ce soir-là le hiatus tardif de ta cuisine entre les parenthèses de tes mains le vide une bouteille d’eau-de-vie mon verre intact au milieu du silence le tien si seul tel un soleil couchant à l’horizon de la nappe ton ivresse indispensable ton errance avec un gosse n’y comprenant rien tes yeux fixant je ne sais quelle élision à rebours de tes yeux je ne sais quelle lave fertile par défaut lave narratrice d’inhumaine humanité
























« Nul doute que Stéphane Juranics est un talent tout à fait prometteur. Son style est d'une extrême rigueur et d'une terrible justesse du ton. Les mots semblent dessinés avec un scalpel, tant les tournures sont fines et l'émotion est précise. »
Frédéric Gilhodes, Le Progrès, 16 mai 1998.

« Stéphane Juranics a tout juste 30 ans, mais déjà son nom s'inscrit, à juste titre, dans l'histoire de la poésie contemporaine. »
Elisabeth Hamon, plumart.com, août 1999.


Extraits de courriers à propos de La veille du nocturne

« Ton livre n’est pas un livre de mots. Plutôt un livre d’images devenues paroles — paroles perdues ou “inexactes“, paroles volées au doute, au manque de clarté. »
Thierry Renard, 12 avril 1999.

« Pour te remercier de La veille du nocturne, de cette écriture libre et tendue qui porte les poèmes en prose, ouverts sur le destin et l’aujourd’hui que la voix distingue sans les séparer. Le lecteur — que je suis — y trouve son ouvrage, son inquiétude, ses joies, et aussi parfois une sidération d’être là, c’est-à-dire dans le monde et l’écrit du monde — ”épelé par quelqu’un” ».
Roger Dextre, 12 janvier 2000.