Le chant du monde

Des chants rituels des premiers hommes, le jazz a gardé la dimension collective. Dialogue d’instruments se répondant jusqu’au vertige, il rend le langage des corps à la subversion tribale du rythme — telle une assemblée musicale des voix portées par le souffle où le cri s’harmonise dans celui de l’autre. Ainsi l’art hypnotique du Michel Fernandez Trio, où l’influence africaine se mêle aux expériences contemporaines du free-jazz. Quand l’improvisation de l’instant renverse la durée et que la dialectique du saxophone, de la contrebasse et de la batterie traduit avec rage le chant du monde.

Stéphane Juranics,
janvier 2006.

Texte figurant dans le livret du disque Eléments
de Michel Fernandez Trio édité par Production Jazz In Situ
en 2006.